un seigneur sur la montagne
Cela fait treize ans que je conduis les vacanciers de l'été sur les chemins, les sentiers des massifs du Caroux et de l'Espinouse, en montagne magique. Treize années durant lesquelles les rencontres avec le mouflon se sont multipliées, sur le plateau du Caroux et partout ailleurs, sur les pentes et les crêtes comme dans les vallons et les gorges les plus encaissées de l'Espinouse.
Chaque fois qu'il nous a été donné de rencontrer et d'observer le mouflon, en quelque circonstance que ce soit l'émerveillement a fait son œuvre. Un enchantement permanent, l'immense plaisir d'être spectateur de la vie sauvage, ne serait-ce que durant une poignée de secondes, souvent davantage, et le partage d'émotions bien réelles, nous les devons au mouflon, seigneur hiératique de la montagne du Haut Languedoc, roi de ses sommets.
La beauté, l'élégante nonchalance de l'animal et sa capacité à considérer avec indulgence la vulgarité humaine en font un hôte bien exceptionnel de cette montagne du Haut Languedoc.
Puissions-nous toujours considérer le mouflon comme un compagnon, un ami auquel aille tout notre respect.
Jean-Marie Hulbach
une aventure de plus de cinquante ans...
L'existence du mouflon dans l'Hérault, en montagne du Haut Languedoc doit tout aux hommes. Avant le 12 mars 1956, il ne s'y trouvait pas encore. Deux femelles et deux mâles venus de Cadarache ont été lâchés ce jour-là au Pas de la Lauze, au-dessus de la vallée du Vialais. Le début d'une belle aventure... Que raconte avec précision Gilbert Massol* dans "La Réserve nationale de faune du Caroux Espinouse, espace privilégié du mouflon de Corse", livre édité en 1991 (imprimerie Maraval de St-Pons de Thomières- Hérault).
Ensuite, les lâchers se sont succédés à intervalles plus ou moins réguliers : trois femelles et trois mâles, le 15 février 1959; trois femelles et deux mâles, le 2 mars 1960; trois femelles et trois mâles, le 23 octobre 1960. En quatre ans et demi, vingt-et-une bêtes ont été ainsi installées dans ce qui deviendrait une réserve nationale, embryon d'un futur Parc.
Le temps a passé. Bientôt un cinquantenaire à fêter ! Le mouflon, lui, a proliféré. Plus d'un millier de têtes aujourd'hui. Malgrè les braconniers des premières années et d'autres vicissitudes.
Depuis les années "héroïques" du XXème Siècle, celles et ceux qui sillonnent l'Espinouse et le Caroux rencontrent souvent celui qui est devenu un emblème. Au détour d'un sentier, à l'angle d'un rocher ou entre deux touffes de genêts. Méfiant mais curieux, le mouflon s'est habitué à cotoyer l'homme et ce dernier est peut-être le plus surpris, le plus heureux quand la rencontre se produit.
Habitants et randonneurs respectent l'animal qui participe désormais au tourisme local, pourvoie à une micro-économie tout en nettoyant un paysage qui, sans son acharnement de débroussailleur, n'aurait pas l'heur d'autant séduire. La chèvre qui entretenait autrefois les paysages a trouvé un digne successeur. Ce n'est pas le moindre mérite des responsables des "Eaux et Forêts" (devenus depuis Office National des Forêts) et de la Fédération de Chasse d'alors.
Depuis le 2 juillet 2009, une "maison du Mouflon et du Caroux" est ouverte dans le hameau de Douch. Son objectif : informer sur la protection des écosystèmes du massif du Caroux.
Cette vidéo a le très grand mérite de nous présenter le mouflon en liberté dans son biotope, les paysages du Haut Languedoc. Qu'elle soit de qualité technique médiocre n'a aucune importance. Les musiques choisies pour le son, l'esprit et le cœur du preneur d'images accompagnent le mouvement des animaux avec suffisamment d'émotion pour que nous ressentions pleinement la beauté des instants proposés. L'auteur a ajouté un commentaire écrit à sa vidéo : "...Je ne comprends pas quels plaisirs éprouvent les chasseurs à les tuer. La nature sans ces tueurs serait plus belle et se régulariserait seule...!" Un commentaire qui n'engage que cet auteur, bien entendu, qui me fournit l'occasion d'écrire que l'autre vidéo, de chasse celle-là, présentée sur la page suivante figure sur ce site davantage par réalisme que par adhésion. Il est important de montrer ce qui existe, sans se voiler la face. Il y a aussi la vie et, aux carrefours de cette vie, le mouflon ne rencontre pas que des amis... En final, qui est le plus fort ? L'homme ou la vie ?
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Désolé pour la pub précédant cette vidéo ! Elle est imposée par DailyMotion...
Patience !
Mouflons du Caroux et de l'Espinouse en 2008 par
grainsdesel38
Prises depuis une voiture le samedi 30 août 2008, ces deux photos isolites d'un mouflon égaré sur une route aux environs de Saint Gervais-sur-Mare, nous sont offertes par une sympathique vacancière anglaise séjournant à Rieumontagné, sur la rive du lac du Laouzas.
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