un seigneur dans la montagne
Cela fait douze ans que je conduis les vacanciers de l'été sur les chemins, les sentiers des massifs du Caroux et de l'Espinouse, en montagne magique. Douze années durant lesquelles les rencontres avec le mouflon se sont multipliées, sur le plateau du Caroux et partout ailleurs, sur les pentes et les crêtes comme dans les vallons et les gorges les plus encaissées de l'Espinouse.
Chaque fois qu'il nous a été donné de rencontrer et d'observer le mouflon, en quelque circonstance que ce soit l'émerveillement a fait son œuvre. Un enchantement permanent, l'immense plaisir d'être spectateur de la vie sauvage, ne serait-ce que durant une poignée de secondes, souvent davantage, et le partage d'émotions bien réelles, nous les devons au mouflon, seigneur hiératique de la montagne du Haut Languedoc, roi de ses sommets.
La beauté, l'élégante nonchalance de l'animal et sa capacité à considérer avec indulgence la vulgarité humaine en font un hôte bien exceptionnel de cette montagne du Haut Languedoc.
Puissions-nous toujours considérer le mouflon comme un compagnon, un ami auquel aille tout notre respect.
Jean-Marie Hulbach
une aventure de cinquante ans...
L'existence du mouflon dans l'Hérault, en montagne du Haut Languedoc doit tout aux hommes. Avant le 12 mars 1956, il ne s'y trouvait pas encore. Deux femelles et deux mâles venus de Cadarache ont été lâchés ce jour-là au Pas de la Lauze, au-dessus de la vallée du Vialais. Le début d'une belle aventure... Que raconte avec précision Gilbert Massol* dans "La Réserve nationale de faune du Caroux Espinouse, espace privilégié du mouflon de Corse", livre édité en 1991 (imprimerie Maraval de St-Pons de Thomières- Hérault).
Ensuite, les lâchers se sont succédés à intervalles plus ou moins réguliers : trois femelles et trois mâles, le 15 février 1959; trois femelles et deux mâles, le 2 mars 1960; trois femelles et trois mâles, le 23 octobre 1960. En quatre ans et demi, vingt-et-une bêtes ont été ainsi installées dans ce qui deviendrait une réserve nationale, embryon d'un futur Parc.
Le temps a passé. Bientôt un cinquantenaire à fêter ! Le mouflon, lui, a proliféré. Plus d'un millier de têtes aujourd'hui. Malgrè les braconniers des premières années et d'autres vicissitudes.
Depuis les années "héroïques" du XXème Siècle, celles et ceux qui sillonnent l'Espinouse et le Caroux rencontrent souvent celui qui est devenu un emblème. Au détour d'un sentier, à l'angle d'un rocher ou entre deux touffes de genêts. Méfiant mais curieux, le mouflon s'est habitué à cotoyer l'homme et ce dernier est peut-être le plus surpris, le plus heureux quand la rencontre se produit.
Habitants et randonneurs respectent l'animal qui participe désormais au tourisme local, pourvoie à une micro-économie tout en nettoyant un paysage qui, sans son acharnement de débroussailleur, n'aurait pas l'heur d'autant séduire. La chèvre qui entretenait autrefois les paysages a trouvé un digne successeur.
Ce n'est pas le moindre mérite des responsables des "Eaux et Forêts" (devenus depuis Office National des Forêts) et de la Fédération de Chasse d'alors.
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tous les deux mois environ
Prises depuis une voiture le samedi 30 août 2008, ces deux photos isolites d'un mouflon égaré sur une route aux environs de Saint Gervais-sur-Mare, nous sont offertes par une jeune et sympathique vacancière anglaise séjournant au camping Indigo de Rieumontagné.